Abesse née aux environs de 935 ap.J.C., j'adore conter et beaucoup moins compter.
Mes amis sont plutôt aventuriers, ce qui met du sel dans mes histoires dont je partage quelques morceaux choisis.
Lorsqu'ils sont en vadrouille, je cherche d'autres sources de plaisir, des inspirations du moment ou des coups de coeur.
Et avec tout ça, j'ai un quotidien plutôt chargé.
Effet téléphone mobile, on appelle toujours pour savoir où est notre interlocuteur. Il est parfois, souvent, à deux pas car on avait rendez-vous avec lui et il a deux minutes de retard. On l’interpelle et lui, malin et pas si en retard que cela, s’amuse : « Je te vois ! », « Où ? Je ne te vois pas moi ! », « regarde à droite », « mais non ! tu es caché ou quoi ? », « derrière l’arbre… »… On n’a pas le temps de répéter qu’on ne voit rien venir que l’autre nous tape dans le dos en riant, « tu vois, j’étais là ! ». « Ah mais tu m’as fait peur… », etc.
Je sais, l’auteur et son héros, l’inspecteur Napoléon Bonaparte, Bony pour les amis, font déjà partie de ma brève sélection de coup de cœur – ah non ? corrigeons cette terrible erreur !
Je vous laisse lire ces premiers paragraphes de ce roman ethnographico-policier, un peu daté c’est vrai mais tellement séduisant.
Décembre, de retour à cette station balnéaire déjà vue il y a trois semaines. C’est plutôt moche, plein d’anglais et de bars moyens sympas, les voitures se prennent pour des bolides qui secouent mon lit et il pleut. Il y a aussi la mer en direct depuis mon « salon » (ceux qui connaissent mon fourgon savent que j’en ai même deux). Je ne me plains donc pas mais de là à y revenir… Petite mémoire, quelques erreurs. Mais mais mais… Je crois qu’inconsciemment, je voulais retrouver cette expérience unique qui me met en joie.
Le soleil se lève laborieusement sur la mer. J’attends depuis une heure : rouge, bleu, rose, orange, jaune. Enfin, un bout de cercle encore écarlate flotte sur l’eau. Et puis, tout va très vite. Comme si le soleil voulait battre de vitesse l’étendue de la masse nuageuse noire qui le surplombe. En vain, à peine sorti, il disparaît. Pas longtemps. Il est plus fort et rusé que ma curiosité. Un rayon blanc perce et pointe la mer tel un laser. Le nuage déclare forfait, il s’évapore par petites touches qui s’éloignent de plus en plus les unes des autres. Le soleil crierait victoire si le ciel ne s’embrumait pas. C’est dommage. Patience.
C’est exactement ce que je me suis dit en empruntent le chemin pour vélo qui mène du paradis à la civilisation et vice et versa – car ici on peut quitter le paradis et y retourner. Et bien, à l’instar de ce joli wapiti* parfaitement innocent au premier abord et rudement polisson au second puis carrément voleur quand on sort nos goûters, le chemin des bicyclettes est truffé de pièges. Il commence par ne pas exister malgré les panneaux. Je le trouve au bout d’un bout de chaussée, c’est bien là qu’il démarre et non là où c’est indiqué. Je trotte sur mon beau destrier jusqu’à la première embûche inattendue :
Je cherchais qui était Jean. Impossible de le laisser lui-même parler de lui si je ne sais pas qui il est. Je ne sais pas pourquoi d’ailleurs. Jean me bloque alors que j’ai découvert les autres protagonistes à mesure qu’ils se présentaient. Les autres… Deux : sa mère et sa grand-mère. C’est tout pour le moment. Jean est donc le troisième personnage. Héros oui, comme tous, menteur évidemment, amoureux pas le choix, voleur pas tant que cela, savant ça arrive, etcétéra mais qui est-il vraiment ?
Cet ouvrage magnifique donne de belles interprétations des peintures : plutôt figuratives et rupestres ou sur écorces dans le nord, pointillistes et symboliques dans le désert.
C’est dans cet ouvrage (références exactes à venir – je n’ai pas l’ouvrage sous le coude 😉 que je puise une explication majeure, pour moi, d’une organisation non violente. il s’agit d’une répartition des droits et devoirs sur la terre qui est innovante pour nous Occidentaux. Chacun est « propriétaire » d’une terre et « gardien » d’une autre. C’est donc une responsabilité croisée qui permet de préserver la terre en respectant la « loi » du rêve (voir Gloweswki) : chacun est un bout de la terre, lui appartient, au même titre que les animaux, les végétaux, les minéraux, etc.
Une belle leçon d’écologie depuis quelques milliers d’années. Certes, l’Australie blanche en découvre la puissance depuis peu de temps alors que la terre est ravagée de nos excès et croyance au progrès « humaniste » (voir le point de vue historique largement oublié quand on parle aujourd’hui d’Humanisme, attention aux interprétations naïves : https://fr.wikipedia.org/wiki/Humanisme)