
Sans la furgo, en février une année où j'ai cru que je pouvais aller à Essaouira en avion direct depuis B... C'était avant les guerres... j'avais oublié de publier et je profite de ne pas pouvoir mettre un pied à l'eau car la foule m'en empêcherait !
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et voilà comment je survis : musiques à fond dans les oreilles pour les protéger de la soupe marocaine que nous impose le chauffeur de bus entre Marrakech et Essaouira. Mais qu’est-ce que je fous là ? voilà douze heure que je suis partie pour faire un court trajet B-Essaouira. Ma roulotte m’a sûrement fait un coup de jalousie : quoi ? Je la délaisse au profit de l’avion
Depuis que je suis arrivée à l’aéroport, les misères s’accumulent. Au final j’ai une migraine tenace malgré le cachet que j’ai réussi à prendre après avoir mendié un verre d’eau. A la minute où j’écris (sans regarder mon clavier sinon c’est pas du jeu et surtout ma tête n’y survivrait pas), on traverse le désert sur une route pas trop défoncée. C’est beau. La pluie a cessé, je vois une ou deux taches bleues dans le ciel encore bien couvert, les flaques d’eau décorent le bitume pour concurrencer le plastique de toute sorte jeté par la fenêtre de toutes les caisses qui circulent.
Que donc fais-je ici ?
Départ hier 16h de la maison avec la furgo, direction aéroport. Dodo sur le P4, vol à 6h, navette à 4h30. La vengeance de ma maison sur roue n’a pas tardé : on nous envoie dans un hall qui n’est pas le bon, va savoir pourquoi. Il faut refaire les 300 mètres dans l’’autre sens. Embarquement lunaire : parqué dans un enclos, on nous sort manu militari pour tous faire la queue à côté. On vide le sas et… On le remplit à nouveau une fois passé devant les hôtesses. Enfin, direction l’avion. Ouf ! Non, ne jamais crier victoire trop tôt. A partir de ce moment, les emmerdes s’accumulent : problème technique, une heure. Enfin, on décolle pour nos deux heures quarante cinq de vol. Arrivée ? Non, ah non !
Deux tentatives d’atterissage à Essaouira et remise des gaz à quelques pas du sol. Vent à 70 km/h en rafale, de travers, pluie, brouillard, le pilote déclare forfait. Détournés sur Marrakech. Là aussi, un vent du diable mais de face donc facile et une bonne visibilité. On poireaute au sol un bon bout de temps, je ne me souviens plus si c’est deux ou trois heures… Plutôt trois vue l’heure à laquelle j’écris ce billet. Sur la route, quelque maisons éparses autour de champs d’olivier. Du vent, encore. Le désert. J’aime….
Revenons à Marrakech. Enfin, on nous déparque ou débarque, c’est pareil ici. File d’attente vigoureuse pour montrer patte blanche à la police marocaine très très tatillonne. Dehors, un jeune homme charmant nous attend mais attention il ne faut pas le dépasser, il a du mal à maitriser la meute qui grogne – j’en fait partie -, il est si gentil. Enfin, direction les valises. Et où sont les toilettes ? Ah non pas là c’est trop dégueu ! Patience… Et de l’eau à boire ? On vend des cigarettes et de l’argent mais pas d’eau. Argh… Et voilà, ça drache sa race quand on sort enfin à l’air libre. Il est douze heures de plus qu’au départ de B et on n’est pas rendu. La compagnie a réquisitionné quatre bus, direction Essaouira, aéroport, c’est malin ! Pouvait pas aller jusqu’au centre ? C’est pas à côté… On verra. Hihi, j’ai un Hicham dans ma poche. Ah, j’oubliais j’ai payé 35 euros pour avoir 8Go au Maroc. Bien m’en a pris pour prévenir le Hicham en question qui patiente depuis le matin sous la pluie. Mais, mais, le réseau est très capricieux et mes messages ne passent pas. Quand je réussis à capter le wifi faiblard de l’aéroport, il faut sortir, crotte. J’arrive à joindre Hicham par miracle, je ne devrais pas rester en rade. Si tout va bien, j’arrive au coucher du soleil et pourrait profiter du ramdam de la fin du jeûne. Oui, je n’ai rien trouvé de mieux que d’aller au Maroc en plein ramadan ! J’arrête d’écrire, j’ai la nausée car j’ai quand même regardé l’écran de temps en temps. Alors ça et les hauts le coeur que nous a imposé le pilote, je suis un peu vaseuse. J’ai soif.
Je passe sur mon voisin qui raconte depuis le début du trajet sa vie désastreuse à l’attention de toute la cabine.
Je pourrais raconter la suite, la semaine de course, la chambre, les déchets, la vue sur le mur, les ballades, la mer, le vent, la pluie, le beau temps, les vagues, le restau, la ruine du premier jour, le plaisir et beaucoup de temps à négocier de quoi faire mes rideaux de B…

