Je hais les cyclistes

Mais pourquoi donc m’étonnais-je et même me félicitais-je de ne pas avoir eu de galère depuis deux mois ? Comment se fait-il que je me sois énervée aujourd’hui ? Mais oui mais c’est bien sûr, c’est la faute aux cyclistes ! Je ne le dirais jamais assez, même si depuis une heure je rêve de rester calme quand je croise un humain à pédales sur la route, vœu pieu, c’est impossible, ces cons sont toujours au milieu de la route, je ne sais pas comment ils font, …

… quelle qu’en soit la largeur, ils l’occupent systématiquement entièrement, se mettent de front ou tentent un dépassement impossible dès qu’ils sentent arriver une voiture. Moi surtout. Je hais les cyclistes, je hais les dimanches en campagne, je déteste me mettre en colère, je déteste ne pas arriver à ne pas devenir folle quand quatre, cinq ou même un seul cycliste rentre dans ma ligne de mire. Ils s’arrangent toujours pour que personne ne passe. Bon, je fais pareil quand je suis à leur place. Je ne suis pas cycliste, je me déplace à vélo, nuance. Il n’empêche, si je remarque que la voiture ne pourra pas me dépasser sans me tuer, je lui bloque le passage. Et derrière ça sonne. Jamais, au grand jamais, je ne roule plus de 34 minutes et sûrement pas en montée, du moins pas plus que 47 secondes. Je chronomètre. C’est pas comme ces parasites.
Revenons-en à mon humeur lorsqu’on lâche les moules-bites multicolores sur roues. Ah, et les jours de grève ? Pire encore car on n’est pas prévenus et la surprise est atroce ! 2008, la crise financière. Mon plus gros cauchemar était que les enfants loupent le bus pour aller à l’école. Il fallait alors que je les emmène. Et ? Me direz-vous. Et, les usines n’ont rien trouvé de mieux à ce moment que de mettre les ouvriers en chômage technique. Et que font ces c… donc ? Tous les jours ? Hein ? Je vous fais un dessin ? Il n’y a pas pire… (Au passage, j’ai perdu mon job et suis passée d’une maison arborée à un meublé deux pièces mais c’est rien comparé aux jours d’école où je devais prendre les petites rues infestées de beaufs à deux-roues sans moteur pour arriver avec un retard impossible à justifier aux maitresses furieuses).

… Ah si, il y a pire, enfin pareillement pire et je crois que ce fut le départ de cette journée maléfique. J’ai croisé un chien sur la plage avant de prendre la furgo (rappel mi furgo – prononcer fourrrgo – est féminin). Je crois que c’est pour cela que je me suis forcée à respirer trois grandes fois avant de partir. Remettre mes nerfs au calme. S’il y a bien une chose qui me ferait fuir les plages, c’est les clebs. Toujours en liberté, caca, pipi partout, aboiement et agression – « Il est gentil, il veut jouer » – M…. Tenez-le en laisse ! Je ne dis plus rien depuis longtemps, je me surprends même parfois à sourire et à trouver le bestiaux beau. Bon, une fois.


Mon quotidien a donc décidé qu’aujourd’hui, il n’y aurait pas d’épisode 2 de Lily mais à la place, ce post illisible et inintéressant, la faute aux cyclistes et aux chiens.

Je prends le volant, je respire donc. Je file vers une immense plage, comment se fait-il d’ailleurs que je n’y sois jamais allée alors que j’ai habité à une demi-heure de là pendant cinq ans ? La plage est splendide mais pas une place avec vue où se garer. Or, je cherche la vue – ou le troquet – pour écrire et aujourd’hui, je suis – j’étais – pressée car il fallait poster ce fameux nouvel épisode de Lily comme toutes les semaines (certes, je viens de commencer il y a une semaine, épisode 1, mais les promesses il faut les tenir, même à soi). C’est bon, vous suivez ? Je songeais enfouir mes pieds dans le sable seulement après ma tâche hebdomadaire effectuée. J’ai bien remarqué un micro parking avec vue sur le chemin. Je remonte donc la colline en seconde, oui ça grimpe, et stoppe sur LA place.

Je manœuvre pour ne pas trop pencher. Et… Purée, c’est pas vrai, fait ch… ! Un automobiliste vient se garer juste derrière moi, descend de sa caisse et me dit gentiment qu’il est là, qu’il faut que j’arrête de reculer. Tête à claques ! Je suis donc sur une pente à 10%, pas bon pour écrire malgré le panorama sublime. Et là, mais oui mais c’est bien sûr, trois nains à pédales débarquent. Et ça papote et ça hésite et ça se décide enfin à partir. Moi aussi, je suis déjà très agacée et ne m’en rends pas assez compte… N’analyse rien, oublie mes trois grandes respirations indispensables, bref triple buze je suis. Car, que se passe-t-il alors ? D’abord, de façon parfaitement rationnelle, je décide d’aller tout de suite à l’autre plage qu’il ne faut surtout pas louper. On est dimanche – c’est bien, vous suivez -, il fait très beau – hélas -, donc le monde va débouler sous peu, s’il n’est pas déjà sur les lieux. Une grosse demi-heure de trajet m’indique le GPS. Pas traîner. Je grimpe en seconde, toujours, tourne à droite, je passe la troisième et…. horreur et damnation, trois slips verts surmontés de marcels roses, goût de chiotte, se mettent en danseuse sur leur bicyclette de pacotille pour se positionner de front. Une autre tarte à roulette débarque en face. Et moi, patate, je dépasse en hurlant des insanités aux ventripotents sur roue – s’ils étaient agréables aux yeux au moins… Non, cycliste du dimanche rime avec chips-bières devant le foot et bedaine ramollo que le vélo ne pourra jamais arranger.
J’ai forcément l’esprit embrumé, faut dire qu’en plus de ces mauvaises surprises, je pensais aussi à autre chose et je m’arrête sur le bas côté en me disant que peut-être je pourrais rester sur la grande plage que je viens de quitter mais sur un autre parking avec vue. C’est idiot, je suis trop loin mais je ne pense plus et me dis juste qu’il faut vérifier sur le plan du téléphone. Faudrait toutefois me garer un peu mieux, non ? Un peu plus sur la droite et ne pas me faire bigner par ces montres que je vois arriver dans le rétro. J’entends alors un bruit affreux. Que je reconnais, triple hélas. Ça gratte et grince vraiment fort, sur toute la longueur, en haut à droite du véhicule, le mien, ma furgo adorée. Je sais qu’au point où j’en suis il ne faut pas faire marche arrière, ce serait pire. Mais j’aurais pu stopper tout de suite, non ? Ben non, je continue à avancer… J’ai gravement cogné un panneau. Un triangle (genre attention aux cyclistes). Donc tout le long, au-dessus de la fenêtre de la porte latérale, est rayé rouge. Un coin en haut à droite du pare-brise, tout petit, a éclaté. La vitre commence à se fendiller. Je flippe !!! Et j’espère aussi que le joint de la baie n’est pas touché…

Souvenez-vous galère égale belle rencontre, je devrais être sereine. Vous savez quoi ? J’en ai marre, plus qu’assez et raz le bol, plein le dos, le fond du sac et des godillots. J’ai connu plein de gens sympas sans avoir de galère jusqu’à aujourd’hui depuis mon dernier départ, il y a presque deux mois. Non, non, pas d’ironie, pas de remarque désobligeante du type « un exploit ! », non, s’il vous plait, un peu de compassion.

Voilà, je suis dans la mouise. Il paraît que l’assurance « glace » rembourse tout et est différente de l’autre qui rembourse le reste (je me comprends. L’assurance vient de prendre en charge mon nouveau rétro droit, toujours le droit – ai-je dit que je me suis pris un autobus parisien il y a quelques mois à peine et que j’étais en tort ? Pas besoin de malus…). C’est le pompiste de la station essence, dans laquelle je ne tenais pas plus que ça à faire le plein, qui me rassure. Doublement. La vitre ne va pas casser, la fente ira peut-être jusqu’en bas mais je ne crains rien m’assure-t-il, je peux rouler jusque Paris sans risque. Je fais le plein quand même. La caissière m’indique où trouver le réparateur international que connait sûrement mon assurance.

Et enfin, je vous prie de ne pas être trop sévères avec mon style sans queue ni tête et les nombreuses répétitions preuve de mon inculture et surtout du wifi qui ne fonctionne pas dans le café que j’ai trouvé près de l’autre belle plage inaccessible tellement il y a de monde et de toute façon il n’y a pas de vue, j’en suis où déjà ?, ah oui, pas de wifi, pas d’internet, donc pas de CNRTL et sa lexicographie, étymologie, synonymie, antonymie, proxémie et concordance miraculeuses. Vous ne connaissez pas le Trésor de la Langue Française et son Centre National de Ressource (remettez les initiales dans l’ordre et vous vous apercevrez avec moi que le F du mot « français » n’est pas mentionné et pourtant je vous assure que c’est du français comme on l’aime jusqu’à l’argot bien utile pour mes personnages… Et nous voilà revenus au début des aventures… La boucle est bouclée !
(il manque une parenthèse fermée ? Ah, c’est grave ?)
bonne journée ! (heu, après-midi, le temps passe trop vite – soirée ? déjà ? à la semaine prochaine – Lily 2 est prête … espérons que rien ne l’arrêtera cette fois, pas des toilettes mythiques – clin d’œil aux vieux abonnés 😉).

6 réponses sur “Je hais les cyclistes”

  1. Je viens de faire un long tour en vélo autour du bois de Boulogne (mais oui, celui qui est à Lille) et me suis comportée avec civilité et gentillesse sur les petits chemins piétons. Juste un petit coup de sonnette en passant. Mais, bon ! je comprends qu’on puisse perdre patience lorsqu’on a prévu quelque chose (une belle route dégagée, une belle place pour se garer, une belle vue sur une belle plage avec un beau café et de beaux serveurs) et qu’autre chose arrive (chiens idiots, cyclistes moches et panneaux de signalisation mal placés), mais c’est pas une raison pour abandonner Lily que j’aime beaucoup personnellement !

  2. ah, mais les tarés du dimanche sur les routes de campagne en rose fluo, c’est pas les mêmes que les andouilles qui se déplacent à vélo en ville (ma pomme).
    Il y a une justice en ce bas monde, leur durée de vie est sévèrement limitée.
    Bisous et courage.
    PS : je viens de lire la suite de Lily, je te confirme mon premier diag. alors oui pourquoi un lundi matin ? Procrastination, quand tu nous tiens.
    Rebisous

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