Je déteste la polésie… La quoi ?

#book from garadinervi : repertoriLa polésie !*

Je ne rédige pas cet article de mon propre gré. Certes, j’y pensais depuis un certain temps en lisant quelques poèmes insipides sur les réseaux d’aujourd’hui et qui m’ont rappelé ma vie de moniale….

… Lorsque parfois je me laissais aller à la mode du moment et écrivais en vers pour les sœurs, les visiteurs ou la postérité.  Textes très rarement mystérieux à moins qu’ils risquent la censure et moi le bagne. Mais jamais, au grand jamais, je n’ai flirté avec la poésie qui me reste hermétique. De là à oser fustiger cet art que je méprise (du moins je le croyais) et que tant adulent, il y a un gouffre. Jusqu’à très récemment, donc.

Jusqu’à ce que je rencontre de charmantes dames qui me font faire un exercice affreux avec les mots… d’une poésie. Je m’y amuse et leur confie mon désir irrespectueux de publier un tel article. Elles me défient et promettent d’y consacrer toute leur attention, voire de s’abonner au blog. Vous me connaissez, je ne résiste pas à la flatterie ni à un tel espoir.

Ainsi, voici le pamphlet,
Aussi mauvais que ce que je hais.
Je vous laisse à vos jugements,
Vous sachant peu indulgents.

Non, décidément, je n’aime pas la poésie…
Pas Verlaine, pas Rimbaud
Et surtout pas Salammbô !
Ce n’est pas une poésie ?
Ah… ? J’ai pourtant autant souffert avec Flaubert
Qu’avec Homère.

Etrangement, je suis une inconditionnelle de Génousie.
Vous ne connaissez pas ?
René de Obaldia ?
Pas de la poésie ? Je rie :

« La forêt dévorait mon ombre,
Mon ombre, ma tache de sang
Mes ténèbres irréparables…
Toutes les feuilles riaient de moi,
Et j’avançais plus seul qu’un Roi.

Mes souvenirs étaient de sable
Mes espérances de bois mort.
Ô ma forêt, ô mon navire,
Je n’ai qu’une ombre et pas de corps !

Pas de corps qui soit véritable
Pas de pain qui mange la nuit
Et j’avançais, si misérable
Que les bêtes fuyaient sans bruit…

J’avais tué l’enfant de mon amour
Son cadavre encore chaud me remplissait les bras
À chaque pas il devenait plus lourd
Devenait une étoile qui tombe sans un cri.

Ne bercez pas mon enfant mort,
Mon bel enfant tué pour rire.
Il renaîtra dans une aurore
Ou dans le lit de mon délire.
Ses poings qui dorment dans mon sang
Ses poings dorment auprès des anges.
Dormez en paix, ô bonnes gens,
Mon crime passe en robe blanche ».

Alors ?
J’en pleure encore !

Je suis d’ailleurs incapable de rajouter quoique ce soit.
Sauf, donc, vous partager ma terrible aventure :
En bas d’un de mes chez-moi,
Le centre culturel propose des ateliers d’écriture.
Quelle aubaine !
Je m’attable avec mes nouvelles camarades,
Prête à ne négliger aucune peine,
Ne serait-ce que par bravade !

Et là, horreur, deux poèmes de Rimbaud !
Le jeu consiste à les réécrire
En gardant le rythme tout en changeant les mots.
Cette fois, cela ne me fait pas du tout rire.

Mais je fais bonne figure
Et m’attèle à la tâche, ma foi assez dure…
L’aube devient le crépuscule,
Le départ, l’arrivée.
J’avale la pilule
Et imagine qu’on est en été.
Pourquoi ?
Parce que le sombre devient lumière ou le contraire,
Parce qu’il fait froid
Et c’est me baigner que je rêve de faire !

Et bien, me croiriez-vous si je vous disais que cela m’a plu ? Je n’ai évidemment rien compris à l’écrit mais je suis sensible à sa musique. Je tente ici d’y rendre honneur en pondant des rimes stupides. Flop. J’y survivrais et vous aussi ma foi… Je l’espère.

Promis, on ne m’y reprendra plus, aucune inquiétude ! Ah si peut-être… Avec Jean Tardieu et son « mot pour un autre ». Fabuleux ! En voici quelques extraits savoureux et très faciles à comprendre, n’est-ce pas ?

« – Tel qui roule radis pervenche pèlera ! »
—–
« – À votre place je préférerais la vieille popote qui fait le lutin près du pont neuf ! »
—–
« – Si j’étais vous, je prendrais un autre lampion !
Impossible ! On voit que vous ne le coulissez pas ! Il a sur moi un terrible foulard ! Je suis sa mouche, sa mitaine, sa sarcelle ; il est mon rotin, mon sifflet, sans lui, je ne peux ni coincer ni glapir : jamais je ne le bouclerai !« 

Ah, ce n’est pas de la poésie ?
Et l’oulipo non plus peut-être ? Un vrai bonheur à partager avec de vrais fous ! Regardez bien l’image** en exergue de cet article. Elle représente les cent mille milliards de poèmes de Raymond Quenneau. Une merveille !
Quenneau ? M’enfin ! Zazie dans le métro ? Non pas Zazie, Zazie ! M’enfin !

Finalement j’ai compris,
C’est ça les mots,
Il faut les lire tout haut.
La poésie ne se lit pas,
Elle se dit.

« Elle se chante plutôt« , me soufflent mes amis Aborigènes. C’est pour cela que j’aime, par exemple, Bashung (et ses rêves) et aussi Bashung (le menteur) que je chante à tue-tête (et faux) dans mi furgo ! Et même si j’aime encore moins le rap, je me suis prise d’amour pour ce jeune qui veut la « sacem à Zazie » (laquelle au fait ? hihi)…

Et puis j’oubliais Boris Vian


* Charmant néologisme de Perrine imitée par son papa Pierre Desproges.
**Volée à Garadiverni qui l’a lui-même piqué à wikipédia*** à moins que cette photo soit publique… Tiens, qui disait que « voler était de trouver quelque chose qui n’avait pas encore été perdu ? » – Indice : cet auteur a publié sous au moins deux noms. Si vous séchez, réponse la prochaine fois (réclamez, j’oublie).
***Est-ce donc possible d’insérer autant de liens dans un seul article qui, en plus, traite d’un sujet que je hais ? Ceci explique peut-être pourquoi j’ai autant tardé à le publier. N’empêche, je me suis bien marrée !

2 réponses sur “Je déteste la polésie… La quoi ?”

  1. Pas loin de penser comme toi. Mais je suis heureuse d’avoir dans mes bagages quelques poèmes que je me récite tout bas, comme des prières, et d’autres que je peux chanter tout haut : la chanson à texte, le rap, c’est de la poésie, bien sûr !
    quant aux ateliers d’écriture… rien à faire, ça reste pour moi une activité vraiment solitaire, je ne m’y fais pas.
    Bizzz
    Zabwitha

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