Vous voulez vraiment que je vous parle du paradis ?


Je vous préviens, c’est très ennuyeux le paradis. En plus, je multiplie les notes de bas de page et fais un tas de renvois sur d’autres billets, ce qui est absolument épouvantable pour suivre une histoire. Les phrases sont souvent truffées de parenthèses (comme d’hab ? Ah…). Je vous conseille donc d’éviter de lire le billet qui suit à moins que vous aimiez vous faire chier*.

Quoiqu’il en soit, voici quelques images pour vous faire bisquer. Elles dates toutes, sauf une, de cet hiver – je répète, HIVER.

Ah et puis non tiens, je vous dissémine les photos dans le texte, au pif.

Ici donc, seulement la furgo que je ne peux pas vous dévoiler entièrement car tout se cache ou ne peut se déployer ensemble – le mystère d’un agencement bien foutu.

Ah non, finalement, le reste des photos à la suite du texte sans intérêt (sous forme de diaporama car elles sont trop nombreuses et drôlement biens)…

Ce que voient les passants – il fait chaud ce matin du 24 décembre
Depuis mon bureau installé sur mon rocher de D.
Le soir, toujours sur mon rocher de D.
Je ne me souviens plus où… Garage ouvert (LA photo non hivernale)
Le cadre, c’est ma fenêtre – je ne sors même plus de mon salon pour prendre des photos
Au fond, au sol, la table d’appoint ; à gauche, la cuisine – cherche bien ; en face, la penderie – derrière le foulard -, placard ouvert – aussi porte de la douche ; à droite, le canapé du salon. On ne peut pas tout voir. Par exemple, au fond en hauteur…
Il fallait bien que je vous montre les vacances de ce fameux pare-choc nomade

Et en avant le paradis !

D’abord D. Je ne vous dis pas exactement où je suis car c’est un endroit strictement interdit. Donc pas un champignon** ou un gros dégoutant*** pour me cacher la vue sublime. Je vous ai sûrement déjà décrit le lieu dans un précédent billet mais je ne résiste pas au plaisir de me répéter (de toute façon, je ne vois pas pourquoi je dérogerai ici à ma manie de radoter). 

Je suis sur un rocher face à la mer. Quelques vagues charmantes, les cormorans et les mouettes se dorent la pilule au soleil d’hiver – 20°, oui Madame -, je ne vois pas les promeneurs car ils longent ma roulotte côté pile, il n’y a presqu’aucun passage de véhicules, j’ai une vue panoramique sur 180 degrés côté face et le soleil est derrière moi, ce qui est fabuleux car il ne me dérange pas pour écrire. Quand j’ouvre la porte latérale devant mon bureau, j’ai l’impression d’être seule au monde.

Il peut arriver qu’il vente, comme hier où la nuit nous promettait 80 km en rafale. Dans ce cas, je déplace ma maison jusqu’à un recoin protégé, tout près de chez mon amie E. Inconvénient la vue est moche, avantage je prends mon petit déjeuner chez E., papotage de filles et nuit tranquille. Pas chahutée comme la nuit de tempête d’un autre hiver quand j’avais décidé de risquer ma vie juste pour profiter du lever de soleil.  

Je reviens sur mon rocher (personne ne me prend jamais cette place proscrite). Je sors parfois ma bicyclette pour aller travailler au troquet ou marcher dans le sable. Je vous avais déjà parlé de la piste cyclable de D., une aventure épiquement mortelle à l’époque. Aujourd’hui, tout est rafistolé de telle sorte qu’on ne peut plus valser en descendant une série de marches inattendues. La mairie a coulé du béton. On ne risque plus non plus d’écraser des piétons car ces derniers ont appris à se promener sans empiéter sur la voie deux roues. Il semble également que tout engin électrique soit prohibé car je n’en croise aucun. 

Nous faisons parfois le chemin à pied avec mon amie C. qui habite à deux pas, pour rejoindre E. et déjeuner au port. Et, et… comble de bonheur, très peu de chiens et aucun en liberté. Je crois avoir une explication après une ballade avec E. et sa chienne adorée. Rocher dit mer difficile d’accès, chien dit courir se vautrer dans la flotte. Deux épouvantes de la maîtresse :  jambe cassé car la descente à l’eau est pète-jambe-de-clebs et chien mouillé qui schmouttera dans la voiture.

Bref, à D., je ne vois aucun défaut sauf peut-être le manque de plage (sans déchet et sans chien immédiatement à mes pieds avec une truffe humide et puante entre les jambes. Autant dire l’impossible). 

Autre chose incroyable, ailleurs, avant : sur la route, en montagne, j’aperçois un vélo… Je m’oblige à trois grandes respirations pour conjurer la haine et éviter de faire une queue de poisson à cet engin de malheur. Je m’approche, je respire encore et… Vous n’allez pas me croire… Le cycliste se met de côté pour me laisser passer. Je me surprends à désirer le remercier.

Et puis, j’ai trouvé un carrossier qui n’a pas fait d’histoire pour me visser définitivement à la carlingue de mi furgo ce pare-choc récalcitrant qui ne tenait pas en place à force de bignes, frottements ou autres misères dont je suis capable en conduisant ! Il a aussi nettoyé mes phares de telle sorte que j’éclaire enfin la route et deviens acceptable au contrôle technique. Un quart moins cher qu’en France.

Plus tard, j’ai même réussi à me garer juste en face du lavomatic en plein centre ville (et avec un sèche linge qui fonctionne).

Attention, le paradis est à ceux qui se lèvent tôt. Tenez, ce matin, face à la mer toujours, et une plage de galets (sans toutou non plus), je mets le réveil une heure trente avant le lever du soleil pour vivre ce moment irremplaçable où le jour prend tout son temps à remplacer la nuit, pour surprendre le soleil qui se bat contre un nuage bas et émerge presque d’un coup. Je suis toujours impressionnée par la rapidité avec laquelle la boule de feu sort de l’eau après cette bonne heure d’attente. Je sirote mon café au salon et photographie les surfeurs courant vers les vagues. 

C’est chiant hein ? Je vous avais prévenu(e)s ! 

Si vous n’étiez pas là, au paradis avec moi, je m’ennuierais moi aussi !

——-

* Ce qui peut être utile finalement…

** C’est-à-dire les campings-car-de-beaufs qui viennent se coller à moi dès qu’un rayon de soleil pointe le bout de son nez après la pluie. Sinon, ils restent entre eux dans les campings.

*** Ceux-là me mettent vraiment en rogne : ils ne vont pas s’entasser au camping, ils préfèrent le faire sur des parkings en bord de plage arguant du fait qu’ils aiment la nature. Pas bien compris l’argument. Quoiqu’il en soit, ils sont la pestes : ils vident leurs WC dans n’importe quelle bouche d’égout, voire dans la nature s’ils osent s’y aventurer – évidement quand ils me trouvent ces c….****. Il y a pourtant toujours des zones prévues à cet effet – vider eau noire – à moins de 10 minutes. Mais non, les gros dégueulasses ne veulent pas bouger leur cul. J’ai encore en stock une tonne de gros mots pour les agonir d’injures mais j’ai autre chose à faire.

Heureusement.

**** J’ai quelques photos où on peut voir ces andouilles mais j’en ai peu car j’ai abandonné ces prises de vue déprimantes.

En voici donc des plus chouettes (et aussi quelques incongruités hihi).

7 réponses sur “Vous voulez vraiment que je vous parle du paradis ?”

  1. Merci pour ce reportage tout à fait chiant ! j’avoue l’avoir bien apprécié tout de même et aussi j’ai envié la femme qui a le privilège et le grain de folie nécessaires à ces aventures, loin de la grisaille de l’hiver. Les photos, n’en parlons pas ; ça fout carrément le bourdon. BON ! y en une où j’ai presque reconnu une petite soeur si mignonne…bisettes !

Répondre à rosenitha Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *