Ça faisait longtemps…


… Pas seulement que je n’écris plus (en fait si mais je relis, corrige, rerelis, etc., comme d’habitude et donc je tarde – je tâche aussi de résoudre des énigmes mécaniques comme celle qui suit ; c’est très chronophage).

Commençons par quelques photos de mes pérégrinations de célestes séjours en lieux de délices… Certains clichés vous étonneront car ils n’ont vraiment aucun intérêt sauf si vous aimez les clés ou lisez le billet qui suit…

Je disais donc, ça faisait longtemps…

Souvenez-vous « galères et belles rencontres » ? Depuis, les galères continuent mais je m’en sors seule : je continue à bigner, je ne m’en rends même plus compte ; ça coule dans la furgo, j’étale des wassingues* et je répare ; je prends toujours des chemins bien trop pentus et glissants, j’arrive à faire marche arrière ; et tout à l’avenant… Résultat, je ne fais plus de belle rencontre ! Un peu toutefois car je me perds plus souvent qu’à mon tour et suis bavarde. Alors, on papote, on refait le monde car « vraiment les gens ne se parlent plus, quel dommage, alors que, n’est-ce pas, on arrive mieux à bon port en demandant à ceux qui savent… ». Hum… Je n’en suis pas si sûre car les habitants connaissent les bons plans mais pas forcément les bonnes routes et me voilà à nouveau sur des chemins improbables…  Sens inverse de l’histoire : belle rencontre puis galère, je ne sais pas ce que je préfère…

La Furgo a décidé de remédier à ces mauvaises blagues en m’en faisant une bonne… Cela faisait longtemps que je n’avais pas ressenti ce grand moment solitude qui suit un désastre. N’exagérons rien.

Je suis au volant, prête à reprendre la route après de si bons temps avec les amies de G. La clé tourne, le moteur tousse et rien ne se passe. Trois fois. La batterie ? Mon mécanicien m’avait assuré qu’elle était en bon état il y a deux semaines. Se serait-il trompé ? Avant de le maudire, je remarque un voyant que je ne connaissais pas. J’ai la documentation, ouf ! Le voyant signifie que le véhicule ne reconnait pas la clé. What the f… ! Pas la peine de retenter, dès que je tourne la clé, le voyant s’allume. Qu’à cela ne tienne, mon double de clé va enfin me servir. Je le trouve immédiatement car chacun sait à quel point je suis maniaque pour le rangement. Quoique… Cela n’a pas forcément les conséquences attendues car je range souvent et change de place les objets qui me semblent mieux ici que là. J’ai un peu arrêté depuis que Boulette et Beauté – Boulette est aussi très beau mais c’est lui qui réclame qu’on l’appelle comme ça 🙂 – me traitent d’Alzheimer et me conseillent fortement de laisser les affaires toujours au même endroit. Alors je me retiens et ne bouge rien… Mais je pense tellement au meilleur endroit où elles devraient être que c’est là que je cherche… En vain donc. Il faut me rappeler que je n’ai rien déplacé. Une façon de travailler sa mémoire de vieille. 

Quoiqu’il en soit, j’ai le double en main et tente de l’introduire… Non mais c’est pas vrai ! Ce n’est pas la bonne clé ! J’ai pris celle d’une vieille voiture que j’ai vendue il y a un siècle. D’ailleurs, un événement juste avant de partir aurait dû me mettre la puce à l’oreille. En rangeant toutes mes clés, une manie je vous dis, je tombe sur le « bon » double. Tiens, m’interpelais-je, c’est marrant, j’en ai deux. Je croyais n’en avoir qu’une. Patate !!! Je n’ai même pas été vérifié dans l’engin… 

En bref donc, un clé défectueuse pour une raison que j’ignore (et qui restera un mystère – spoil 🤓) et pas d’autre solution que… Ben… Je ne sais pas… On n’est pas dans le brin* ! 

J’appelle les copines qui me donnent l’adresse d’un serrurier qui sait tout – un expert, j’aurais dû me méfier. Il n’est pas à côté le bougre ! Allez, qui sait, la Furgo a juste fait un caprice et va bien vouloir démarrer. Je tripatouille le plastic censé protéger la clé et qui est cassé depuis quelques mois sans aucune conséquence jusqu’à présent. Miracle ! Était-ce le truc ? Je file chez le bonhomme, me gare pas trop loin, coupe le moteur – rudement inquiète – rentre dans le magasin et attends. Longtemps. Il y a du monde. C’est enfin à moi. Réponse catégorique à mon désespoir : « Je ne pourrais pas regarder votre clé avant dix jours et il faudra garer votre fourgon à côté ». J’insiste. Rien à faire, l’homme reste impassible, répète sa sentence qu’il justifie par manque de personnel. Je ne lâche pas le morceau : « Et si j’allais, si j’y arrive, directement chez Peugeot ? » ; « Pas la peine », se marre l’enfoiré, « ils m’envoient tout le monde ! » Je le crois et sort penaude. Dix jours ! J’ai failli m’énerver. Non, non, j’ai confiance : une mauvaise rencontre comme celle-ci sera la seule et va en générer dix bonnes. 

D’ailleurs, j’aperçois un autre serrurier à deux pas. Pas d’attente. La dame me prend l’objet du délit, passe moins de dix secondes dans l’arrière boutique et m’affirme que la clé fonctionne et n’a pas de problème électronique, le programme est bon. J’apprends donc qu’il s’agit d’électronique… Ce qui me rappelle de très mauvais souvenirs, bien trop longs à raconter ici et dont on retiendra ceci : l’électronique c’est galère, on ne sait jamais pourquoi ça marche ou pas. Ainsi de mon écran pour le panneau solaire qui s’est arrêté un jour alors que les misères autour de mes batteries auxiliaires s’accumulaient (je ne sais pas pourquoi je fais le lien même s’il paraît que de faux contacts peuvent endommager je ne sais quoi dans l’électronique). Puis, il est revenu d’un coup, sans prévenir. Depuis, je croise les doigts.

Revenons à nos moutons. Ma clé va bien donc. Je croise les doigts de pied car qui me dit que ça va durer, blagueuse comme elle est ? Il faut absolument que je lui fasse un double. Où et quand ? J’arrive à démarrer et conjure le sort en filant au paradis, promontoire au-dessus des vagues, surfeurs et plage de rêve. Il n’y a pas trop de monde, juste un van qui me gâche un peu la vue, surtout les deux beaufs qui prennent l’apéritif dehors pour profiter du coucher de soleil qu’ils me cachent. Le lendemain, chouette, ils bougent et je me dis, petite maligne, que je ne vais pas seulement prendre leur place mais deux de telle sorte que personne ne puisse se mettre devant moi. Je suis garée en diagonale, ça craint un peu… Allez, non quand même, je vais me garer correctement, comme ceux d’hier, et ce sera déjà bien. HORREUR, ça recommence, ça bloque, ça ne reconnait pas ma clé, ça m’énerve. Bonne rencontre à l’horizon alors, non ? 

Je ne bouge donc pas et, le lendemain, dérange ainsi toutes les personnes qui veulent se garer : « Il faudrait ne pas prendre deux places, installez-vous correctement ». Malgré la saison basse et le temps mitigé, beaucoup de locaux viennent surfer ici. Je me justifie : « Pas possible, gros problème, cherche réparateur ». J’appelle tous les garages qui pourraient potentiellement me dépanner. Premier rendez-vous trois jours plus tard à 50 kilomètres. Un deuxième, idem. J’appelle l’assistance, qui, comme à son habitude, est d’une efficacité redoutable et me fixe un rendez-vous. Cependant, le doute m’assaille : j’ai dû faire appel trois fois en un an à l’assurance, dont une à cause de mon mécanicien que je maudis finalement. Et ma franchise de passer à 600 euros ! Est-ce que ce sera le cas pour l’assistance ? Deux heures plus tard et moult appels et rappels, on me rassure, pas de franchise pour l’assistance. Matinée passionnante. Au moins j’ai une belle vue, ça compense. Un nouveau local vient toquer à ma vitre : « Faut pas se garer comme ça, etc. ». « Je sais mais je ne peux pas bouger, etc. ». Le monsieur sourit : « Appeler le garage truc à T., c’est à 3 km, ils vous dépanneront ». Ah bon ? Oui. Rendez-vous le lendemain. « Et si je n’arrive pas à démarrer ? », « Je viendrais avec la remorque » m’assure le garagiste comme une évidence. Je le remercie chaudement, annule tous mes autres rendez-vous et pars fouler le sable doux et froid en longeant une mer somptueuse secouée de vagues gigantesques grâce au vent. 60 km/heure en rafale. Je suis en Galice. J’arrive au rocher suivant une demi-heure plus tard, heureuse. Tiens, la pluie ! La Galice…

Peu importe, les bonnes rencontrent ont commencé et elles continuent le lendemain : je réussis à démarrer et arrive deux heures en avance au garage. J’en profite pour ranger les affaires dans mi furgo (est-ce bien raisonnable ?). Les heures passent et le spécialiste des clés se présente, écoute mon souci, vérifie ma clé qui n’a pas de problème. Je sais, elle est capricieuse. « Vous avez un double ? »… « Non, justement… ». « Pas de souci, allez vous promener, j’ai quelques rendez-vous ; dans deux heures, vous m’appelez et je vous rejoins pour fabriquer la nouvelle clé ». Ah, c’est le garage qui vient à moi ? Top ! Je repars donc à la plage. Une autre. Il ne pleut plus et le soleil se couche. Je marche, rassurée, mes misères se terminent (bel espoir). Le mécano arrive avec une heure de retard mais quelle importance ? Il ouvre son coffre et installe sa machine à reproduire les clés sur le rebord. Jamais vu. L’outil fonctionne sur batterie. Hélas, il s’enraye à la moitié du travail. « Ah mais, je venais de la charger ! ». Je me tais, je dois porter la poisse ! « Ne vous inquiétez pas, je rentre vous la fabriquer chez moi, j’habite tout près, je suis de retour dans moins d’une demi-heure ». L’homme revient triomphant une heure plus tard, il fait nuit noire. Mon double fonctionne au doigt et à l’œil, ma clé d’origine ne fait plus aucune histoire et je ne connaitrais jamais le pourquoi du comment. Ainsi va la vie. Belle ma foi ! Seule la pluie et le vent m’ont rattrapée, un peu plus intenses et me bercent la nuit. Un peu trop…

L’aventure n’est pas finie : je dois maintenant changer la coque de la clé que j’avais rafistolée au scotch. Oui, affirment les spécialistes, ce serait mieux, on ne sait jamais. Discours honnête au moins. Ignorance partagée. 

Après une nuit mouvementée, je pars à la grande ville de O. C. que j’adore et et cherche un nouveau serrurier. Pour changer une coque, ça doit être facile, non ? Pas du tout ! J’ai cependant réussis l’exploit même si ma Peugeot devient Fiat – spoil 🤓). Vous me connaissez, je ne lâche jamais rien. J’ai failli à nouveau me faire avoir par un spécialiste peu scrupuleux, rencontré un couple charmant qui tient l’atelier qu’il me fallait, attendu trois plombes le changement de la carcasse, roulé de nuit en vélo presqu’une heure pour rentrer chez moi – très jolie place d’ailleurs – et mis ma vie en danger grâce aux pistes cyclables qui n’ont rien à envier à celle de D.

Suite au prochain billet 😉

* clin d’œil pour les ch’tis.

2 réponses sur “Ça faisait longtemps…”

    1. Ô non 😎 ! Il faudrait que je réussisse à décrire les paradis que je côtoie, les couleurs du temps, les nuages qui racontent des histoires, le sourire complices des gens quand je suis au « salon », l’immense plaisir de boire son café sur sa falaise de sable face à l’océan (bon y’a parfois des beaufs aussi…), les réveils sur un parking… ah ah, face à la mesquita de Cordoue ou à deux pas de l’alcazar de Seville tout de même ! (faut que je file d’ailleurs, mon entrée est pour bientôt 🤩). Merci ma Coco 🥰

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