Je n’ai qu’un peu plus de mil ans…

Et donc, ne me prenez pas pour une gâteuse. Mais tout de même, la technologie me fatigue. Tout le monde s’en sert et c’est ennuyeux. Je me souviens du temps où nous n’étions pas nombreux, et encore moins nombreuses, à nous partager le savoir.

Pas de salon, pas d’ouvroir, pas de discussion, juste le plaisir. Quand je rencontrais un érudit, je m’enfuyais.
J’étais déjà prétentieuse. Je savais à quel point j’étais ignorante et pourtant, je lisais. Je copiais. Je recopiais. Quand je trouvais une plume, Ô moment sublime et rare, je posais ma souffrance. Et seulement ensuite, je pouvais raconter. De vive voix, à qui voulait écouter. Pourquoi y avait-il tant de femmes qui tendaient l’oreille ? Nous étions seules et nous n’aimions pas le monde.
Je ne suis pas bien sûre de notre piété. Nous étions là. Parfois par hasard, souvent par obligation, rarement par vocation.Je me souviens de Joséphine, non pas la vôtre, une jeunette venue d’Espagne. Que faisait-elle là ? Elle priait à longueur de journée et je suppose de nuit. Pendant ce temps, je lisais. Un jour, Joséfina, son vrai nom, …

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