
Ou encore,
Impossible, service public !
Ou bien,
Tristesse !
Et ainsi de suite tellement je suis navrée, chagrinée, énervée, perdue, désappointée, désolée, triste mais alors triste !
Souvenez-vous, j’y allais en riant, impatiente quelles que soient mes envies ou besoins, je m’apprêtais à danser et chantonner. Oui. Un plaisir sans nom au milieu des gros Allemands et des rouges Anglais agrémentés de bruyants Espagnols. Certes, il reste le remblai, plus long que celui de la Baule, les bars et la mer. Il fait même 20° en ce 1er décembre. Comme les deux autres fois, je peux boire mon café en admirant la plage depuis mon salon. Comme avant encore, je peux ne pas beaucoup dormir à cause des bolides, des poubelles – quatre fois dans la nuit quand même – des noceurs et des travaux jusqu’à une heure du matin. Pareil à partir de 6h. Oui, aussi les noceurs, sortie de boite cette fois.

Aujourd’hui, au secours, j’y cours en vain ! Alors je ne vais pas vous faire mariner plus longtemps, je ne vous ferai pas attendre, promis, ni patienter, ni aller par quatre chemins, je ne tergiverse pas, il faut que vous sachiez, que vous partagiez mon accablement.
À peine garée, j’y file. Je ne me souvenais pas que c’était aussi loin. Je vieillis. Encore ? Enfin, j’aperçois cette grande boite bleu posée au milieu de la plage. Quel joie par anticipation. Vous savez, comme lorsque vous avez rendez-vous avec un ami et que vous vous réjouissez d’avance, comme le petit prince et le renard.
Je fais le tour. Toujours ce bouton rouge déroutant car il sert à ouvrir ce lieu d’aisance qui porte si bien son nom. Là où on peut se soulager mais surtout y swinguer. Oui oui.
Un doute m’assaille : le bouton n’est pas allumé, non plus ses trois copains d’à côté, toujours aussi inutiles ou plutôt déstabilisants. J’appuie. Trois fois. Vous comprenez ma peine maintenant ?

Fermés, serados, closèdes. Plus de jazz’vécé. Adieu les gogues magiques, la voix qui vous fout les jetons quand on a laborieusement réussi à entrer et qui vous débite des instructions non moins effrayantes en espagnol et en anglais, qui s’interrompt immédiatement quand vient le français pour laisser place à Stefano Bollani et son Jazz piano solo.* Et finie l’aide inattendue pour sortir : ce bouton bleu bien brillant que signale une énorme flèche orange dessinée à la main pour ne pas se tromper alors que c’est impossible (de se tromper) !
Je me console en allant au plus grand hôtel de la ville pour y passer la matinée. Comme d’habitude, un vécé niquel, un café au poil, le wifi sécurisé haut débit et une prise pour brancher mes zordi-tablets-telefon. J’y reste comme d’habitude quelques heures. Je sors mon porte monnaie et le serveur mignon comme tout de déclarer : « Non, non, vous n’allez pas payer… C’est juste un café !« . Ça compense, non ?
Retour au bercail donc. Tiens, je n’avais pas remarqué la piste cyclable à l’aller… En même temps, elle mesure un peu plus de 50 mètres, disons 60. Je soupçonne décidément les agents municipaux d’être très joueurs, très nombreux et la mairie très riche pour s’amuser autant avec le chaland. Ou bien la ville garde les artistes de l’été qui, pour entretenir leur créativité l’hiver, font des farces ici et là. Et la mairie de courir après leurs conneries car je suppose qu’il y en a d’autres. Dommage qu’ils aient découvert leurs toilettes mythiques…
* J’ai déjà conseillé d’utiliser Brave pour éviter les pub et notamment de YouTube si vous l’ouvrez depuis ce navigateur.
Et aussi, je l’écris en tout petit pour pas que ça se voit ni que ça recommence, j’ai fait une chouette rencontre car j’ai encore eu une galère. Fuite. Il fallait une clé de 6, qui ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval, du moins chez moi, pour remettre le collier droit après avoir replacé le tuyau. Vous me suivez ? Non ? Pas grave. Les problèmes de flotte c’est pire que l’électronique. maintenant ça ne coule plus et j’ai de l’eau. Le paradoxe courant.

